Interview – Tom Austrui – 2H33 au Marathon de Francfort !

1)     Peux-tu te présenter en quelques mots (âge, profession, depuis combien de temps tu cours) ?

Bonjour, je m’appelle Tom Austrui, j’ai 26 ans — enfin 27 en janvier, le temps passe vite. Originaire de Bourgogne, j’ai grandi à Auxerre avant de partir à Dijon pour faire mes études. Après un Master en comptabilité et audit, j’ai rejoint ma compagne à Lyon et intégré un cabinet d’audit et d’expertise comptable pour exercer le métier d’auditeur financier.

 

Ayant grandi dans un environnement où le sport joue un rôle central, j’ai très vite été amené à en faire. Tout petit, je me suis essayé au judo, au rugby, avant de passer au foot jusqu’à mes 15 ans. Mes parents étant coureurs à pied, je suis licencié à la FFA depuis mes 6 ans. Depuis 2005, les hivers sont donc ponctués par les cross. Je me suis davantage concentré sur l’athlétisme à partir de 15 ans, ce qui m’a permis d’être champion de Bourgogne de cross et du 1000 m, avec un chrono de 2’45, en minime.

 

Les années qui ont suivi ont été compliquées. Plutôt complet, je me suis essayé à diverses disciplines en cadet, comme le 400 haies (59’28) et le triple saut (12m60).Après quelques années de triathlon et de vélo, je me suis remis à courir plus sérieusement en 2021 pour préparer la SaintéLyon, qui s’est conclue par une belle 13ᵉ place en 6h54.Les années suivantes, j’ai fait du trail et de la route, avec notamment deux marathons (2h38 à Paris en 2024) et l’Ultra-Tour du Beaufortain en 19h00.

 

Je cours donc depuis très longtemps !

 

 

2)     Quel était ton objectif en rejoignant ce coaching (performance, santé, régularité, préparation à une course) ?

J’ai rejoint Thomas afin de déléguer la charge de planification des blocs et des entraînements. L’objectif est d’être le meilleur possible sur trail long et marathon.

 

 

3)     Avais-tu déjà essayé de te préparer seul ou avec d’autres méthodes avant ?

Après avoir été suivi par les coachs de mes clubs d’athlétisme et de triathlon, j’ai commencé à structurer mon entraînement à partir de 2021.

 

Ayant de l’expérience et étant très curieux des techniques d’entraînement, j’ai planifié ma préparation à la SaintéLyon seul.

 

J’ai ensuite rejoint le groupe 2EP (géré par Patrick Bringer), avec Audrey Welzbacher comme entraîneure, afin de progresser spécifiquement en trail. Collaboration qui s’est ponctuée par l’UTB. L’entraînement était composé d’un certain volume général (10–15 h par semaine), de gros week-ends chocs avec de longues sorties et de la pliométrie.

 

Puis, pour préparer de la route, j’ai rejoint l’AS Caluire, avec une approche de l’entraînement plus traditionnelle. Je me basais donc sur les grosses séances du groupe, puis j’ajoutais ma touche personnelle dans la planification générale (accent mis sur le volume, ajout de vélo).

 

 

4)     Qu’est-ce qui t’a décidé à franchir le pas et à te lancer avec moi ?

Lorsque tu m’as contacté, j’ai vite senti que j’étais face à quelqu’un de curieux, motivé et sensible à la performance. Tu avais également une philosophie de l’entraînement proche de la mienne et des performances de haut niveau à titre individuel.

 

C’était donc une opportunité de déléguer la charge de planification et de bénéficier d’un œil extérieur sur la façon dont j’exécute mes séances, programme ma saison et fixe mes objectifs.

 

 

5)     Comment s’est passée la mise en place du plan d’entraînement ?

La mise en place a été fluide. Je t’ai transmis mes contraintes professionnelles et personnelles, puis tu as mis en place le plan pour l’objectif fixé : le semi de Lille, au début de notre collaboration.

On a progressivement établi des axes de travail selon mes qualités/faiblesses et ce que j’aime faire à l’entraînement.

 

 

6)     Qu’est-ce qui t’as le plus plu dans mon suivi et ma manière de coacher ?

Tu t’es toujours montré disponible lorsque j’avais des interrogations. Tu as su ajuster dans les moments plus délicats, notamment lors de petites maladies saisonnières. Je bénéficie aussi de retours réguliers de ta part sur les séances clés.

Tu m’as également laissé une part d’autonomie dans certains moments où le plaisir devait revenir au centre de ma pratique.

 

 

7)     As-tu rencontré des difficultés, et comment le coaching t’a aidé à les surmonter ?

Étant un athlète qui se blesse très peu — hormis les fois où je me fais une entorse — nous n’avons pas rencontré de difficultés majeures liées à la charge ou à des pépins musculaires.

 

Le coaching me permet surtout de prendre du recul, notamment lorsqu’on est dans le dur d’une prépa avec de la fatigue ou que l’emploi du temps professionnel est très chargé. J’ai longtemps eu cette peur de ne pas faire exactement ce que j’avais à faire par manque de temps ou d’énergie. Cette peur était accentuée lorsque je gérais seul mon entraînement. S’ensuivait une charge mentale significative qui me coûtait sur tous les tableaux.

 

Que tu sois là pour gérer mon plan en tenant compte de mes contraintes externes me soulage énormément et me permet de rester focalisé sur l’exécution.

 

 

8)     Peux-tu citer des éléments de préparation que tu as apprécié ? Un exemple de séance ?

J’aime ce qui est long, avec une intensité soutenue mais maîtrisée.

J’ai donc particulièrement apprécié ma préparation au marathon de Francfort, qui s’est étendue de fin août à fin octobre. On a mis du volume, du travail spécifique entre SV1 et SV2, quelques rappels sur des allures plus rapides. L’ensemble est passé comme une lettre à la poste, en maîtrise.

 

Ma séance favorite fut la dernière sortie spécifique, avec 2 × 5000 m – 4000 m – 2 × 3000 m à l’allure cible.

 

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’on ne s’est pas focalisé sur la durée totale de la sortie, alors que c’est souvent le cas dans les plans marathon. La clé était de faire beaucoup d’allure spécifique, et ponctuer la préparation par une sortie avec 20 km d’allure marathon à la fin d’une grosse semaine m’a mis dans une super dynamique.

 

9)     Quels résultats as-tu obtenus (performances, sensations, confiance, régularité) ?

Depuis le début de notre collaboration, la performance la plus aboutie est celle réalisée sur le marathon de Francfort : 2h33’21, couru en négative split (1h17’07 + 1h16’14). Je suis arrivé en confiance, sur mes forces. La patience est la clé sur marathon, et j’ai su attendre le dernier tiers pour produire mon effort max. Les sensations le jour J étaient top. Tout s’est tellement bien passé que je n’ai pas grand-chose à ajouter !

 

Nous avions également réalisé une belle préparation pour le semi de Lille en mars, qui s’est conclue par un chrono de 1h13’12. L’objectif initial était plutôt de se rapprocher des 1h11, mais une petite maladie à S-2 m’a fait perdre un gros capital confiance et la forme. Je l’ai notamment payée sur la fin de course, qui a été dure.

 

Nous nous rattrapons 3 semaines plus tard avec un RP sur 10 km en 33’21 !

 

 

10)  Si tu devais résumer l’expérience en une phrase, que dirais-tu ?

Une collaboration active entre l’athlète et l’entraîneur pour atteindre le plaisir et la performance.

 

 

11)  Que dirais-tu à un coureur élite qui hésite à se lancer dans le coaching à distance ?

Avec l’expérience, il est possible de se construire un plan cohérent seul, mais cela demande du temps et une charge mentale significative. On risque également de tourner en rond autour de ce qu’on aime faire, sans trop se faire violence.

Une aide extérieure permet de mettre le doigt sur des axes de travail auxquels on ne pense pas toujours, et qui permettent de grosses adaptations. Cela permet aussi de prendre du recul sur sa pratique, de plus facilement relativiser. Ce sont des ajustements qui, in fine, permettent de passer des caps.

 

 

12)  Le mot de la fin ?

On a construit de belles bases cette année, il est temps d’aller chercher plus loin et plus haut en 2026 !

 

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